Ah, la science ! Les artistes pop-rock en détournent souvent les codes pour exprimer des émotions censées lui être contraires… Sia (Academia) ouvre la playlist sur l’idée qu’empiler les raisonnements, mesurer, classer, ne suffit pas à sauver un amour qui vacille. Dans la même veine, Coldplay (The Scientist) ramène le geste scientifique au cœur : une dissection sentimentale, et ce fantasme de pouvoir refaire l’expérience à l’envers, revenir “au début”… Roxanne de Bastion (Molecules) poursuit sur ce fil en invoquant les molécules et leurs réactions pour parler du lien, de la vibration, de ce qui nous traverse sans qu’on le maîtrise. Et Thomas Dolby (She Blinded Me With Science) fait basculer le tout en comédie pop : le labo devient piste de danse, la science le jargon d’une expérience de séduction hors de contrôle.
Mais la science n’est pas qu’un langage : certains artistes osent l’affronter de face. Parfois avec suspicion, comme System of a Down (Science), qui redoute sa froideur dogmatique lorsqu’elle se fait pouvoir, ou The Stranglers (Genetix), qui plongent dans le vocabulaire du vivant — cellules, noyaux, plasma — comme pour se prémunir d’une force de transformation manipulatrice.Talking Drums (Descartes Lives), au contraire, la célèbrent comme un recours : celui de l’humain qui doute et cherche une méthode pour tenir debout.
Puis vient la science “qui se partage”, parfois avec un sourire. Les pédagogues They Might Be Giants (Photosynthesis) nous livrent une leçon de biologie aussi entraînante que mémorisable, tandis que Hopscotch Songs (The Engineer Song) se font conseillers d’orientation, décrivant le métier d’ingénieur et son utilité sociale avec… une rigueur toute scientifique. Celle-là même qui anime Tom Lehrer (The Elements) dans sa virtuose table périodique : un défi lancé aux chimistes apprentis pianistes… ou l’inverse ?