Ah, la guerre… Sujet inépuisable du répertoire pop-rock, entre dénonciation, ironie et témoignages déchirants. Cette playlist explore la guerre sous un angle social et politique, à travers ses causes, ses ravages et ses conséquences historiques. Une autre suivra, plus intime, dédiée à ceux qui la vivent au plus près : les soldats, leurs peurs, leurs douleurs et leurs espoirs.
Si "War" d’Edwin Starr est devenu l'hymne absolu du pacifisme, Niagara ("J'ai vu") en offre une vision hallucinée, où les conflits broient indistinctement bourreaux et victimes, absurdité que la narration croisée d'Axelle Red et Renaud illustre avec force dans "Manhattan-Kaboul". Les Stranglers, avec "Vietnamerica", rappellent que les ravages d’une guerre ne s’arrêtent pas à la signature d’un traité : elle laisse derrière elle des terres dévastées et des peuples déracinés.
Mais la guerre, souvent perçue comme une fatalité, n'est qu'une création humaine. Tom McRae ("What a Way to Win a War") en souligne l’inéluctable désillusion, tandis que Black Sabbath fustige violemment ses profiteurs dans "War Pigs". Serge Reggiani, lui, met en garde : une insouciante faiblesse ouvre toujours la porte aux envahisseurs, comme le dépeint "Les loups sont entrés dans Paris".
Et l'on glisse peu à peu vers notre tragique actualité européenne, puisqu'hélas les dirigeants russes aiment moins leurs enfants que ne l'espérait Sting ("Russians"), faisant même craindre l'invasion que prophétisaient sinistrement les Stranglers ("Curfew"), bien que pour l'instant repoussée par la résistance ukrainienne des héroïques drones "Bayraktar"(Taras Borovok).