Ah, le Rêve Américain ! Il hante le répertoire pop-rock comme un mirage insaisissable souvent bien décevant. Si Joe Dassin célèbre un exil espéré libératoire, il introduit déjà un doute, que nous confirme amèrement la désillusion d'Ondara. Peut-être en attend-on trop, comme Razorlight, prisonnier de son ennui quotidien, ou Wall of Voodoo, irrésistiblement attiré par les promesses de l'Ouest. Finalement The Stranglers cassent lucidement le mythe : il suffit d'y être Big pour y être bien...Sous peine d'un désenchantement profond à la Rufus Wainwright.
Mais heureusement le rêve américain n'est pas que désillusion ! Si Lana del Rey semble nostalgique, c'est pour mieux communiquer la tendresse qu'elle envers sa culture, tandis que Khruangbin & Leon Bridges exaltent la poésie des roadtrips sur les routes infinies, et que Lynyrd Skynyrd font de trois accords et quelques mots un hymne universel à la gloire de leur terre, agacés des dénigrements des intelligentsias urbaines. D'autant que, au fond, ce way of life n'est-il pas déjà en grande partie le nôtre, comme le clament ironiquement Rammstein ?