Ah, le vent ! Souffle tour à tour porteur ou contraire, aussi fugitif qu’inéluctable, il inspire les plumes pop-rock. Côté ombre, Kansas (Dust in the Wind) rappelle que nos vies ne tiennent qu’à un souffle ; Raphaël (Le Vent de l’hiver) voit ce courant ramener, en rafales d’images, la nostalgie d’un amour passé. Et si Louis-Jean Cormier (Face au vent) le décrit en bourrasque d’obstacles, c’est pour mieux célébrer ceux qui restent debout.
Car le plus souvent, ce souffle est un élan. Et, si certains invoquent sa vitesse, comme Christopher Cross dans sa fuite (Ride like the Wind), c'est surtout sa force qui fascine les auteurs pop-rock. Certes Noir Désir (Le vent nous portera) garde une part d'ambiguïté en lui confiant la dispersion d'un inventaire intime. Mais pour la plupart, sa force est surtout celle du renouveau : réveiller l'espoir endormi d'un peuple Miriam Makeba (West Wind), éparpiller pour toujours les pages sombres de l'Histoire (The Stranglers -North Winds Blowing), emporter la peur de réaliser nos rèves (Mägo de Oz (Molinos De Viento), ou desserrer l’étau des injonctions sociales pour laisser passer l’amour (Odezenne - Souffle le vent). Et G. Brassens , ici repris par Maxime Leforestier (Le chapeau de Mireille), pousse même l'imagination jusqu'à en faire le complice malicieux d'une aventure amoureuse...