Ah Movin’On ! L’expression émaille le registre pop-rock comme une philosophie de l'élan : aller de l'avant, repartir, choisir une autre voie, continuer, mais pas forcément tout droit. Chez Stevie Wonder (A Place In The Sun), elle porte l’espoir résolu d’un horizon meilleur ; M People (Moving On Up) y insufflent l’énergie d’une libération, tandis qu’Eurythmics (Sweet Dreams) rappellent qu’avancer suppose aussi de garder les yeux ouverts sur les forces à l’œuvre dans le monde. Même légèreté volontaire chez The Delegators (Movin’ On) : le mouvement peut être joyeux, presque dansant, dès lors qu’il ouvre des possibles.
Mais avancer, c’est aussi quitter le présent et ceux qui l’habitent. Supertramp (Goodbye Stranger) fait du départ un choix de liberté ; The Jesus and Mary Chain (Taste of Cindy) montrent au contraire ce qu’il en coûte quand c’est l’autre qui poursuit sa route. David Lynch (Movin’ On), lui, avance parce qu’il n’existe plus vraiment de retour ni de réparation possibles, tandis que Megadeth (À Tout le Monde) donnent à l’expression son sens le plus grave : celui du départ définitif.
Reste alors la question que pose toute trajectoire : avancer, certes, mais vers quoi ? U2 (Stand Up Comedy) l’élargissent à une dynamique collective, faite d’engagement et de transformation. Et Frankie Goes To Hollywood (Welcome To The Pleasuredome) en offrent le miroir spectaculaire : l’élan peut devenir grisant, jusqu’à confondre vitesse et progrès.